L'annonceur

POLITIQUE

Affrontement politique sur fond de travail partisan

Enquête indépendante réclamée à l'Assemblée nationale et requête déposée auprès du commissaire à l'éthique.

Par François Beaudreau [19/01/2017]

La joute politique prend des allures de combat extrême entre deux partis d'opposition à l'Assemblée nationale.

D'abord la Coalition avenir Québec sonne l'alarme et réclame une enquête indépendante suite à des révélations en lien avec du travail partisan du côté du Parti québécois qui aurait été payé à même les fonds publics. Ensuite, le Parti québécois demande au Commissaire à l'éthique et à la déontologie de faire enquête sur des manquements de la part de deux députés de la CAQ.

C'est le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui le premier y est allé d'une demande auprès du président de l'Assemblée nationale, pour déclencher une enquête indépendante suite aux révélations de la journaliste Geneviève Lajoie du Journal de Québec. Dans un article paru le 13 janvier dernier, Mme Lajoie note que « des employés du Parti québécois qui font du travail partisan sont payés à même les fonds publics de l'Assemblée nationale ».

En plus d'une enquête, M. Martel, également whip de la Coalition Avenir Québec, exige la tenue d'une séance extraordinaire du Bureau de l'Assemblée nationale et l'envoi d'une directive à toutes les formations politiques, pour que tout paiement du salaire d'employés effectuant du travail partisan soit immédiatement annulé.

Le député dit vouloir qu'on s'assure que tous les groupes parlementaires ayant eu recours à cette pratique s'engagent formellement à rembourser la totalité des sommes qui auront été identifiées par un enquêteur indépendant.

AGIR RAPIDEMENT

« Je suis choqué des révélations faites vendredi dans le Journal de Québec. Nous avons également fait notre petite enquête sur le sujet. On a appris notamment que le Cabinet du Whip de l'opposition officielle et le Cabinet du Chef de l'opposition officielle paieraient le salaire d'employés de la permanence du Parti Québécois à même les fonds prévus pour le groupe parlementaire formant l'opposition officielle. Certaines personnes prétendent même dans ce reportage que cette pratique serait tolérée par l'Assemblée nationale! Cela m'apparait inconcevable. C'est aux groupes parlementaires de respecter les règles établies, sinon, c'est toute l'institution qui est entachée et c'est la démocratie qui est bafouée », déclare Donald Martel. Il ajoute qu'il faut agir rapidement, pour ne pas accentuer la méfiance de la population envers les institutions.

ENQUÊTE

Puis le 18 janvier dernier, le commissaire à l'éthique et à la déontologie annonce dans un communiqué qu'il procède à une enquête, suite à une demande faite par Carole Poirier, whip en chef de l'opposition officielle et députée de Hochelaga-Maisonneuve.

Dans sa requête, Mme Poirier précise d'une part qu'elle a des motifs raisonnables de croire qu'un député de la CAQ, Claude Surprenant, aurait commis un manquement aux articles 15, 16 et 36 du Code « en embauchant monsieur Yann Gobeil-Nadon et madame Julie Nadeau comme attachés politiques fantômes ».

Elle demande aussi au commissaire de faire une enquête « concernant un manquement que pourrait avoir commis le whip du deuxième groupe d'opposition, monsieur Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour ».

Là encore, la whip en chef de l'opposition officielle considère que le whip du deuxième groupe d'opposition aurait commis un manquement aux articles 15, 16 et 36 du Code « en donnant des directives » permettant qu'une pratique soit mise en place afin d'embaucher certaines personnes « comme attachés politiques fantômes ».


Mise au point du whip de la CAQ

La vérification interne effectuée par le bureau du député de Nicolet-Bécancour a permis de réfuter les allégations faites par deux ex-employés au cours des derniers jours.

Communiqué AJOUTÉ LE [23/01/2017]

Le député de Nicolet-Bécancour et whip du deuxième groupe d'opposition, M. Donald Martel, annonce que la vérification interne effectuée par son bureau a permis de réfuter les allégations faites par deux ex-employés au cours des derniers jours.

« Nous avons étudié les allégations faites par Mme Julie Nadeau et M. Yann Gobeil-Nadon au cours des derniers jours. Il nous apparait que ces allégations sont fausses. Notre personnel fait un travail consciencieux et dévoué auprès de la population et je ne laisserai pas sa réputation être attaquée de la sorte ? », déclare M. Martel.

La politique en vigueur au deuxième groupe d'opposition est qu'un employé payé par l'Assemblée nationale peut faire du travail partisan uniquement une fois que ses heures de travail ont été effectuées. Or, contrairement à ce qui a été allégué, aucun employé n'a fait de bénévolat pour la CAQ lors d'élections partielles avant d'avoir préalablement effectué ses heures de travail.

Par ailleurs, aucune fausse rencontre n'a été organisée et aucune dépense n'a été défrayée par des fonds publics pour du travail partisan.

Même si sa vérification interne indique que la CAQ respecte toutes les règles en vigueur, M. Martel mentionne qu'il collaborera avec le commissaire à l'éthique et rappelle que sa formation politique réclame toujours une enquête indépendante sur l'utilisation des fonds publics de l'Assemblée nationale par l'ensemble des groupes parlementaires.

Source : Samuel Poulin

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