L'annonceur

LA TRIBUNE LIBRE

L'éolienne et le contribuable : un mariage forcé

Au Québec l'inutile et coûteuse filière éolienne n'est rien d'autre qu'un outil de développement économique régional.

Par Jean-Bernard Emond [26/08/2014]

L'auteur est directeur du comité d'action local de la Coalition Avenir Québec dans Richelieu.

Hydro-Québec nous apprenait récemment qu'elle a réclamé une hausse de 3.9 % des tarifs d'électricité auprès de la Régie de l'énergie. Encore une autre. Et les responsables ne s'en cachent pas : une grande partie de cette hausse est attribuable à la filière éolienne déficitaire. Rappelons qu'en février dernier, la Commission sur les enjeux énergétiques concluait que l'industrie éolienne était « ruineuse », en plus du fait qu'elle coûtera 140 millions de dollars en perte, chaque année, et ce, pendant vingt ans.

Soyons réaliste: au Québec l'inutile et coûteuse filière éolienne n'est rien d'autre qu'un outil de développement économique régional ou si vous préférez un « achat politique » des régions. Nous aimons tous nos amis gaspésiens, et c'est en s'assoyant avec eux que nous trouverons un moyen plus efficient de les aider.

L'argument « vert » ne tient également pas la route: nous produisons déjà de l'hydro-électricité à l'aide de barrages hydrauliques qui fournissent une énergie propre et abondante. Et il est pertinent de rappeler que nous sommes présentement en surplus d'électricité. Le gouvernement doit donc agir et cesser immédiatement ce gaspillage de fonds publics. Malheureusement, les Libéraux (et le gouvernement péquiste avant eux) ont décidé de poursuivre dans la voie de l'acharnement éolien.

LE PARC ÉOLIEN PIERRE-DE SAUREL

Dans ce contexte, le projet éolien Pierre-De Saurel doit-il voir le jour ? Selon moi, non. Je comprends la MRC et les maires de vouloir aller de l'avant et je respecte le conseil d'administration en place qui est composé de gens efficaces et compétents. Pour le moment, le « plat de bonbons » est là et la décision de le retirer doit venir du gouvernement provincial. Cette décision ne peut venir des élus locaux.

Ceci dit, les citoyens de la région doivent être conscients d'une chose : ils vont payer beaucoup plus pour les éoliennes via leur facture d'Hydro-Québec qu'ils ne peuvent espérer en recevoir dans leurs poches de la part des « projets structurants » promis par les promoteurs ou par une improbable baisse de taxes municipales. En bout de piste, c'est encore une fois la classe moyenne qui va payer.

Mais quand arrivera le jour où cette docile classe moyenne, habituellement si peu revendicatrice, décidera qu'elle en a marre d'être étouffée et qu'elle rugira un peu, ce jour-là le gouvernement, quel qu'il soit, n'aura d'autre choix que d'écouter... et d'agir.

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